Amoureux de l’art, de l’art de vivre, de la ballade à pieds ou en roues, amoureux des Pyrénées, de Céret, de Cadaques, l’hotel Le Relais des Chartreuses c’est l’endroit où il faut être, quelle que soit la saison. Il suffit de parcourir ces quelques lignes, avant de s’aventurer plus loin dans cette belle région, pour s’en convaincre.

Première étape : l’hotel/Ceret

Commençons par Céret. La Mecque du cubisme. Située à quelques 8 km de l’hotel, Ceret c’est la petite ville du Vallespir typique de cette partie du sud, avec ses platanes plus hauts que les toits, ses ruelles, ses caniveaux d’eaux vives, ses petits immeubles aux pierres apparentes, aux façades lépreuses, aux couleurs défraîchies, son identité indéniable, ses lumières fauves, ce charme inimitable qui a tant inspiré peintres et sculpteurs d’une autre époque.

Et puis il y a son marché. Le samedi. Contact avec l’autochtone et immersion dans la vie locale garantie. La bonne idée, c’est de s’y rendre en passant par Maureillas. On arrive par le haut de Céret. L’hôtel vous manque déjà un peu mais vous prenez la direction du stade qui sert de parc de stationnement ce jour-là. On s’y gare facilement contrairement aux parkings situés de l’autre côté de la ville. Mais chut, on ne vous a rien dit. Au bout de la rue, fermée à la circulation pour l’occasion, les premiers stands ; Chapeaux, Tropéziennes, articles de jardinage, terres cuites « «décoratives », camion poissonnerie. Sur la droite, le Musée National d’Art Moderne de Ceret. L’Hotel de Ville est à côté. Mais le marché part sur la gauche entre les platanes : bibelots, bijoux, fringues importables, terrasse de café, musiciens de Jazz et guitariste virtuose. En face : vendeur d’épices à barbe et catogan blanc façon shaman, mini stand où Mamie vend le cresson et les blettes du jardin (ça pousse à Céret, l’hôtel est client). Plus loin encore : pain bio, fromage de brebis, petits stands de légumes, bios aussi. Ici, comme dans toute cette partie du marché, la plupart du temps le vendeur est aussi le producteur. Puis la rue tourne et continue de monter doucement ; fruits séchés, aussi secs que leur vendeur, lingerie improbable, apiculteur berger d’abeilles, salades de toutes sortes, pyjamas et robes de chambre pour moins de dix ans et plus de soixante. Plus haut toujours c’est la place de la liberté : camions de spécialités asiatiques, de poulets rôtis, de poissons d’ici et d’ailleurs. Camion de pantoufles. De quoi chausser un mille pattes. Voilà la Place des Tilleuls, c’est la fin ; rôtisserie encore, saucissons en nombre, parfums enivrants mais prix au kilo renversants, grands étals de fruits et légumes. Il y a du choix et la queue à la caisse.

Redescendons sur la droite, par les petites rues. C’est beaucoup plus calme. Cent mètres à peine vous séparent de la place des neuf jets. La fontaine (à 9 jets, inutile de vérifier) est surmontée d’un lion, symbole de l’Espagne, tourné tantôt vers la France, tantôt vers l’Espagne selon les appartenances successives de la ville. A deux pas de là, l’église. Superposition de quatre édifices dont le plus vieux date de 814 et le plus récent, fortement inspiré de la basilique Saint Pierre, du XVIII ème. A gauche une ruelle si étroite qu’elle ne sait pas que les voitures existent, vous emmène droit sur le musée. Pas le genre musée de province poussiéreux. Non, LE Musée de Ceret (l’hotel est partenaire et propose des formules culturelles). Un musée National d’Art Moderne. Des grands noms y habitent à l’année ; Picasso, Matisse, Soutine, Chagall, Dufy, Survage, Miro et d’autres. Incontournable.

A la porte de l’hotel, les Pyrénées n’attendent que vos envies d’évasion.

Vous avez des fourmis dans les jambes. Besoin d’air ? Ce qu’il vous faut c’est du panorama, du paysage à couper le souffle, de la lumière, de la couleur, du vent dans les yeux, du moucheron A.O.P. sur la luette… Pas de problème, le département où se trouve l’hôtel (les Pyrénées Orientales faut-il le rappeler ?) compte 264 kilomètres de voies vertes, pistes et bandes cyclables, boucles cyclo-touristiques jalonnées. Pour les plus téméraires, deux adresses on line : http://www.vttour.fr/maps/sommets.php?d=66 et http://biking66.com/ Là, mieux vaut prévoir la boussole, le GPS, la ration de survie voire la balise ou la fusée de détresse si l’on compte rentrer à l’hôtel. Les Pyrénées, uniquement dans leur partie orientale, comptent 11 réserves naturelles dont 9 d’entre elles forment un Parc de 138 000 hectares. Ça laisse pas mal de possibilités, dont celle de se perdre. En vélo ou à pieds, c’est à vous de voir. Et pour ce qui est de voir, il y a de quoi. Ici, c’est le massif des Albères avec ses montagnes qui se jettent dans la mer et sa forêt quasi primaire. A l’ouest, c’est le célébrissime Canigou et sa cime en forme de crocs, enneigée la plupart de l’année. Plus loin encore, le Carlit. Point culminant du Languedoc-Roussillon. 2921 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Têt y prend sa source. Paysages magnifiques. Plateaux balayés par les vents. Gigantisme granitique. Palette de couleurs bleues, vertes et mauves. La photo pour les nuls en milieu naturel. Suffit de posséder un compact pour se croire photographe. D’ailleurs, jusqu’ici la beauté des ifs, frênes, érables et hêtres ne vous a pas échappé. Pas plus que la présence rarissime de quelques Pedicularis asparogoides, Brassica montana, Armerica ruscinonensis, xatardie scabre, endressie des Pyrénées, achillée à feuilles de camomille et autres ombellifères aux noms barbares que vous avez évidemment reconnues en passant, et qu’on ne trouve que dans cette partie la plus ensoleillée des Pyrénées (l’hôtel est lui-même une espèce protégée en voie de disparition dans la région). On pourrait ajouter à cet inventaire botanique bon nombre de chênes blancs, contemporains de Louis XIV, mais l’étude exhaustive du biotope n’est pas notre propos.

L’hotel/Cadaques (Espagne) : prochaine étape.

Votre soif d’aventure et de grands espaces apaisée, ce qu’il vous faut maintenant c’est un peu de repos. Et puis vous vous l’étiez promis : On ne repartira pas sans avoir vu Cadaques ! Au programme de cette nouvelle journée donc, promenades main dans la main, yeux dans les yeux, sunglasses dans les sunglasses si le temps le permet (et le temps le permet les _ du temps). Vous partez de l’hôtel, Cadaques en point de mire, un volant entre le mains et le coude à la portière. Place donc au romantisme, au dépaysement, à l’exotisme pourrait-on dire tant ce village de pêcheurs, reclus, caché, blotti au creux du Cap Creus semble bien isolé du monde. Ce qu’il fût d’ailleurs jusqu’en 1910, date à laquelle la première route relia Cadaques au reste du monde. Aujourd’hui, il n’est qu’à une grosse heure de route de l’hôtel si l’on opte pour l’autoroute jusqu’à Figueres (l’hotel est rappelons-le à 3mn de l’autoroute seulement, ce qui est extrêmement pratique) avant de prendre la N260 jusqu’à Cadaques. La route côtière est fortement déconseillée à celles et ceux qui tiennent à garder leur petit déjeuner. Déconseillée aussi, l’idée de rejoindre le joyau blanc de la Costa Brava au plus fort de la fréquentation estivale. Trop de monde. Et, qui dit sur-fréquentation, dit bouchons, files d’attente devant les parkings bondés, énervement : on n’aurait pas dû y aller aujourd’hui…Je croyais qu’ils seraient tous à Argeles… Fallait lire le texte qui parlait de Cadaques (l’hôtel à décidément un site internet très complet)… Le texte, quel texte ?

Bref, une journée qui n’atteindra pas le degré de romantisme souhaité. En plus d’un bilan carbone catastrophique. Heureusement, tout cela n’arrivera pas puisque vous êtes prévenus. Que dire de plus sur Cadaques ? Hotel à proximité, Dali, église Santa Maria, retable baroque de 23 m de haut. Monumental ! Architectures fleuries d’inspirations cubaines par endroit, ruelles labyrinthiques, trottoirs pavés en épis, bronze représentant Dali grandeur nature, baie paisible et voiliers au mouillage, criques et plages plus attirantes les unes que les autres : Playa de Ses Ielles, Playa de San Luis, Playa Es Jonquet, Playa de Calders, Playa de Pianc, Playa de Poal, Sa Figuera, Cala Portaló, Aiguilles Cala… De sable ou de galets, accessibles à pieds, en voiture ou uniquement par la mer, vous n’aurez que l’embarras du choix. Notez qu’ici, les plages sont interdites aux chiens. Ce qui est aussi le cas dans la plupart des hôtels (Cadaques / Espagne même combat). Ah oui, quelques infos pratiques encore : la maison musée de Dali est fermée tous les lundis sauf à partir de mi-juin jusqu’à mi-septembre. Pensez à réserver. Idem pour son musée à Figuères. L’hôtel pourra s’en charger éventuellement.

Il ne reste plus qu’à vous souhaiter un bon séjour même si l’on ne s’inquiète pas trop sur ce point.