Petite visite guidée d’Argelès sur mer.

Des eaux claires, une vaste plage de sable de 7 km et le massif des Albères qui vient clore cette belle étendue de blanc en se jetant dans la mer, c’est Argeles sur mer. Avec son port, sa fête foraine, son casino, son train-bus, ses skis-bobs, ses bouées tractées, ses toboggans, ses locations de pédalos ou kayaks et ses kilomètres carrés de campings où se retrouvent chaque année, des dizaines de milliers d’estivants, bien décidés à profiter des vacances pour changer d’horizon, d’air, de rythme de vie, de régime alimentaire, de look voire de partenaire. Après tout c’est l’été. Mais quels que soient leurs projets, ils ont tous un objectif commun : changer au moins de couleur de peau sous le soleil fidèle du Roussillon.

Ca y est vous y êtes. Vous avez posé vos bagages à l’hôtel, pris une douche pour vous faire oublier les quelques centaines de kilomètres avalés dans la journée, peut-être même vous êtes-vous baigné dans la jolie piscine de l’hôtel. Argeles vous tend les bras. Vous reprenez la voiture pour une vingtaine de minutes, et vous voilà, après un créneau réussi entre une jolie Méhari et un gros 4X4 aux vitres teintées, sur l’un des nombreux parkings accessibles et gratuits que propose la ville d’Argeles sur mer. L’hôtel vous a donné deux ou trois tuyaux sur cette cité balnéaire longtemps considérée comme la Mecque du campeur dans les années 70 – 80 et qui reste encore aujourd’hui la « capitale européenne de l’hôtellerie de plein air ».

Bref, vous êtes fin prêts.

Première envie et première étape : aller goûter l’eau immédiatement avec cette réflexion quasiment systématique : « Dis donc, elle est vraiment plus fraîche que celle de la piscine du Relais des Chartreuses ! »

Ah, oui… Avant ça, il faut trouver l’endroit idéal pour poser sa serviette et ça, ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident. Car l’endroit idéal se situe au plus près de l’eau, mais pas trop, tout en étant le moins loin possible de sa voiture, tout ça à une distance raisonnable de ses voisins de serviette – « Pas là, pas là non plus, là peut être sauf qu’avec les enfants qui chahutent à côté ça ne va pas le faire, tiens on a qu’à se poser entre la grosse dame et le petit couple de retraités .»

Bon, vous y êtes ! Bien sûr, vous vous êtes fait un peu remarquer en arrivant. Des gens tout blancs qui sautillent et grimacent, ça ne passe pas inaperçu. En même temps, on peut comprendre. Car la température du sable, de 11 à 17 heures à cette époque de l’année, c’est tout simplement de la torture quand on a oublié ses tongs à l’hôtel. Argeles offre, vous vous en doutez de quoi rattraper cette colossale erreur.

Heureusement que vous n’avez pas suivi les conseils avisés de la toujours très disponible responsable de l’hôtel ou de sa collaboratrice, qui vous avait indiqué une plage appelée le Racou, plus au sud et plus typique, où d’anciens cabanons de pêcheurs reconvertis aujourd’hui en locations saisonnières, font le bonheur des vacanciers (et encore plus de ceux qui leur louent) désireux de vivre les pieds quasiment dans l’eau quelques jours par an.

Car si le Racou et les criques de Porteil, qui marquent la fin de la côte sablonneuse et le début de la côte rocheuse sont moins fréquentées (quoique !), ces plages sont aussi plus loin de l’allée des Pins et de sa petite sœur, toutes deux parallèles à la plage et bordées de boutiques et commerces indispensables pour qui désire s’offrir un t-shirt, une glace, l’Indépendant (le journal local), un hamburger, de la crème solaire ou une paire de tong.

Pratique cette allée des Pins ! Surpeuplée, mais pratique. Et maintenant que vous êtes là, tongs aux pieds, vous allez vous la payer cette glace. Il faut dire que les vendeurs de glace, ce n’est pas ce qui manque dans cette allée des Pins. Et puis, vous allez la déguster, tranquillement sur la promenade, en marchant direction le port. Une promenade de 3 km, arborée, goudronnée, avec son bois de pins de 12 ha, son Casino et ces belles villas XVIII et XIXème qui font face à la mer. Attention ! Une partie de la voix est réservée aux vélos ! Mieux le savoir sous peine d’avoir à subir les coups de sonnettes rageurs d’un cycliste fort de son bon droit.

Vous poussez encore un peu plus vers le port. Une Marina tout ce qu’il y a de plus Marina. 790 anneaux et presque autant de bateaux. Des petits, des grands, des moches, des m’as-tu-vu, à voile ou pas, bref un port de plaisance comme on les fait de nos jours, avec ses brasseries et commerces en bas et ses appartements et résidences hôtelières en haut. Bondés l’été. Déserts l’hiver. Et plutôt paisibles entre les deux, voire romantiques. C’est de là que vous embarquerez pour une promenade en mer dans un bateau à coque vitrée, spécialement conçu pour admirer les fonds marins. A moins que ça ne soit pour attirer les gogos ? Vous pourrez aussi emprunter une navette qui vous conduira à Collioure ou en Espagne, mais pas aujourd’hui.

Non, ce soir, comme de nombreux amateurs de (bonne) musique, vous d’autres projets. Des projets musicaux. Nous sommes autour du 7 juillet et à cette date, il y a un évènement à ne manquer sous aucun prétexte : Les Déferlantes ! Mondialement connues ou presque (The Déferlantes), le festival estival à la programmation toujours plus alléchante d’année en année, qui réuni dans le parc de Valmy, les plus grands, les plus gros, les meilleurs, les chanteurs et teuses que vous aimez, les groupes les plus mythiques, ceux que vous aviez raté à Bercy, au stade de France, à Londres ou à New York. Ils sont là. Cette année par exemple, rien de moins que Sting, Catherine Ringer, Texas, Mika, The Specials, Bénabar, Metronomy, Camille, Daniel Darc, Charlie Winston, Izia, Franz Ferdinand, Noël Gallagher’s… J’en passe, et des plus bruyants. La liste est non exhaustive et encore moins contractuelle.

Direction Valmy, ce petit château entouré de vignes situé à l’extérieur de la ville, entre Argeles et La Massane, une tour construite à la fin du 13ème siècle sur une crête rocheuse et escarpée, et qui selon l’expression consacrée domine la ville. La tour de la Massane et sa sœur jumelle, la tour Madeloc située sur une autre crête rocheuse et escarpée qui, elle, domine Port-Vendres, auraient été selon quelques Catalans chauvins dont nous tairons le nom, à l’origine du concept de feu les twin-towers New-Yorkaises. Mais rien n’est moins sûr.

Sur place, on vous refuse l’entrée sous prétexte que vous n’avez pas de billets et que le concert se joue à guichet fermé. Une bandes de businessmen en devenir et en short de bains vous propose des billets en échange d’une commission modique représentant six fois sa valeur. Vous refusez. Faut pas prendre les touristes pour des pigeons voyageurs.

Finalement, pour vous remettre de vos émotions, vous optez pour une petite soirée en amoureux au Relais des Chartreuses. Ne comptez pas sur nous pour vous en blâmer, on y passe notre vie. Direction l’hôtel. Argelès sur mer est derrière vous. Le soleil couchant, devant. C’est quand même joli toutes ces montagnes en arrière-plan et tous ces vergers d’abricotiers, de pêchers, de cerisiers dans la plaine… Un peu plus et on en oublierait de lever le pied en passant devant le radar à proximité de Laroque des Albères. Les photos de vacances on se les fera nous-même !

Du sable plein les tongs et de la fatigue plein les bottes, vous voilà de retour à l’hôtel. « Argeles c’était bien ? – Mmmmoui !… Au fait, ce serait possible de dîner ? – Vous aviez réservé ? vous demande-t-on. – Bah non, on n’avait pas vraiment prévu… » Heureusement, nous si. Parce que s’il est vivement conseillé de réserver pour dîner, on cuisine quand même pour trois ou quatre convives de plus que prévu. Des fois que vous rentriez plus tôt que prévu de votre journée à la plage…

Et si ce n’est pas vous qui en profitez, ne vous inquiétez pas on se dévouera.

Et demain ?

« Demain si on est courageux, on y retourne. Et c’est sûr, cette fois, on s’offre le mini-golf, le karting, le paintball, le canyoning, l’accrobranche ou le casino. » A, à peine 20 minutes de l’hôtel, Argeles sur mer c’est vraiment l’endroit où il faut passer ses vacances. A moins de chercher un peu plus de calme. Et pour ça aussi, on peut peut-être vous conseiller.